La Petite Rapporteuse

Laurie, Blogueuse à Amiens

Traumatisme de la dépression

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pris le temps de rédiger ce que j'avais sur le coeur, juste comme ça, au détour d'une pensée ou d'une envie. Et bien voilà, après un rendez-vous chez le médecin, je me rends compte à quel point mes dépressions m'ont traumatisé, alors il faut que je vous en parle.

Très jeune, après quelques traumatismes de la vie et des difficultés à vivre ma réalité, je suis tombée en dépression. Le collège et le lycée ont été des périodes difficiles, de par mon poids, ma difficulté à aimer la vie et la vie qui ne m'aidait pas à l'aimer. Un jour, un médecin a donc fini par me diagnostiquer dépressive. Depuis ce moment là, j'ai été cataloguée en tant que tel par le fichier de mon médecin et au sein du cabinet médical auquel j'avais l'habitude de me rendre. 

Après avoir soigné cette foutu dépression et après une grande étape de ma vie qui m'a fait prendre conscience de l'importance d'avancer, je restais malgré tout cataloguée en tant que dépressive. A chaque rendez-vous chez le médecin, même routine : "Et le moral ? Pas d'idées noires ? Vous vous sentez comment ? Vous mangez ?". A chaque fois, sans arrêt, dès lors que mon médecin posait le nez sur mon dossier. Pire encore si un stagiaire était présent... Si bien qu'à force de consultations, je finissais pas être stressée à l'idée de me rendre chez le médecin. Stressée de devoir leur dire que parfois ça va encore mal mais que non je ne veux pas d'antidépresseurs, et non je ne veux surtout pas finir à l'hôpital mais pas d'inquiétude je continue de manger.

Traumatisme de la dépression

A 24 ans, alors que le moral est de nouveau très bas et que cela va plutôt mal, je me rends compte que ce traumatisme est encore très présent. Trop présent. J'ai changé de ville, mon médecin ne connait donc pas mes antécédents. Je peux à loisir lui dire que tout va bien, que je me sens bien. Mais à chaque fois je le regrette fortement. Peut-être que finalement j'aurai bien besoin d'un peu d'aide médicale pour surmonter le stress et pour relever la tête. Pour affronter toutes les épreuves et difficultés de la vie.

Mais j'arrive toujours chez le médecin avec cette boule au ventre, avec cette peur... Celle que j'ai ressenti la première fois où un médecin m'a dit "Si tu continues comme ça, tu finiras par faire un séjour à l'hôpital". Et ce médecin qui m'accablait de questions pour essayer de voir si j'étais en dépression alors que tout allait bien. Il m'avait mise tellement mal à l'aise que j'avais fini par en avoir les larmes aux yeux. Toutes ces expériences font qu'aujourd'hui je minimise toujours mon état auprès d'un médecin. Non je ne veux pas d'antidépresseurs ni être cataloguée de nouveau. Alors que oui, j'aurai certainement besoin d'un soutien médical pour de nouveau pouvoir avancer.

En attendant, je m'accroche à mes rêves. Ou du moins, ce qu'il en reste.

Humeur

Commentaires

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    • 1. line Le 03/02/2017
    Wow... Je suis assez étonnée (dans le mauvais sens) par le comportement de ce médecin généraliste. S'il pense à une dépression, le mieux est d'orienter le patient auprès de psychiatre ou de psychologue, qui sont les spécialistes de ce domaine. Et non, coller cette étiquette de "dépressive" et proposer des médicaments comme solution miracle. D'autant plus qu'un accompagnement psychologique peut tout aussi bien être bénéfique pour trouver l'origine du mal-être et travailler dessus.

    Tout le monde passe par des hauts et des bas, on a le droit de traverser une période creuse sans qu'on doive se justifier auprès du corps médical (je ne parle pas de dépression, juste de blues). Je trouve cela dommage que votre médecin vous a fait ressentir cette "pression", de devoir toujours aller bien. Je suppose que c'était maladroit de sa part ! Vous avez bien fait d'en changer, c'est une nouvelle page !
    http://la-parenthese-psy.com/